Mon retour d’expérience sur le moment où j’ai attendu qu’il dorme pour pratiquer

juin 3, 2026

Je suis Clara Broussard, rédactrice spécialisée en bien-être familial et parentalité, installée en couple à Poitiers, avec un enfant de 3 ans. Mon retour d’expérience a commencé un mardi de novembre, dans notre salon à deux pas du parc de Blossac, quand mon tapis Manduka a claqué sur le parquet et que mon enfant a levé la tête depuis la chambre. J’avais voulu voler 12 minutes après le coucher. J’ai perdu 3 semaines à faire de la respiration un rendez-vous caché.

Le soir où j’ai roulé le tapis trop tard

Le salon était enfin silencieux. La lampe de chevet donnait une lumière jaune, et mon conjoint rangeait la cuisine. J’ai déroulé le tapis après le coucher, en me disant que j’allais me poser 20 minutes. En tant que rédactrice spécialisée en parentalité douce depuis 7 ans, je connais bien ce piège du temps volé. Ma licence en sciences humaines à l’Université de Poitiers, obtenue en 2015, m’a aussi appris à observer ces routines sans les idéaliser.

L’erreur était simple. J’attendais qu’il dorme pour pratiquer. Je transformais ma séance en sas secret, alors que mes jambes étaient déjà lourdes et ma tête dispersée. Je tenais 12 minutes, par moments moins. J’étais fatiguée avant même de commencer, et je restais à moitié dans la chambre, à moitié sur le tapis.

Le bruit sec du Manduka sur le parquet m’a frappée un soir. La porte du couloir a grincé, mon enfant a bougé dans son lit, puis il est venu vérifier ce que je faisais. Quand le tapis restait roulé près du canapé, il s’accrochait déjà à mon pantalon. J’ai compris, un peu tard, que ce rectangle au sol annonçait une séparation. Je n’en étais pas certaine au début, mais le signal revenait chaque soir.

Le détail qui m’a vraiment serrée, c’est arrivé un soir où il a posé la tête sur mon ventre pendant que je préparais la séance. Son souffle s’est calé sur le mien. J’ai compris que je le repoussais sans le vouloir. J’étais pressée d’avoir mon coin à moi, et je ne voyais plus son envie d’entrer dans le moment. Ce soir-là, j’ai vu que je perdais le lien au moment même où je croyais me protéger.

Ce que j’ai cassé en croyant me préserver

À la maison, ça a vite mis le bazar au coucher. Le simple fait de sortir le tapis déclenchait un bras de fer discret, mais bien réel. Après 18 jours à répéter le même scénario, je n’arrivais plus à aller au bout de la séance. Mon enfant tournait autour du salon, puis venait coller ses mains sur mon bras au moment où je cherchais à me concentrer.

Le tapis posé au sol était devenu un signal à lui seul. Dès qu’il voyait le rouleau noir, il accourait comme si j’avais annoncé un jeu. Quand je tentais une posture basse, il passait entre mes bras. En relaxation, il se couchait en travers du tapis. Ce qui m’a surprise, c’est qu’un espace prévu pour le calme pouvait se transformer en cache-cache à hauteur d’enfant.

J’ai ensuite recoupé ça avec la Haute Autorité de Santé et Mpedia sur les routines du soir. Leur logique m’a parlée d’un coup. Le calme ne tient pas seulement au moment où l’enfant s’endort. Il se construit dans un cadre lisible, répété, sans tension de dernière minute. Dans mon cas, la séance réservée au noir de la chambre ajoutait du flou.

Le jour où il a voulu entrer dans la pratique

Le basculement est arrivé un mercredi après la sieste. Il a imité ma posture sans que je lui demande, puis il s’est glissé sur le tapis avec un grand sourire. J’ai vu ses yeux chercher les miens. J’attendais le coucher, alors qu’il était là, disponible, en plein milieu de l’après-midi. C’était la première fois que le tapis n’annonçait pas une séparation.

J’ai changé tout de suite le tempo. Je suis passée à 7 minutes, avec 3 postures simples et un souffle court. J’ai lâché mon idée de vraie séance de 20 minutes. Le chien tête en bas, la posture de l’enfant, puis une torsion douce suffisaient. Quand il bougeait, je le laissais faire sa version. À ce niveau-là, j’ai compris que mon ego de pratiquante faisait moins bon ménage avec un enfant de 3 ans que mes genoux.

Le mini-rituel qui a tenu, c’était simple. Un doudou posé sur le ventre pour la respiration, un étirement au sol, puis chacun sa posture, sans chercher un enchaînement propre. Lui faisait sa variante, moi la mienne. Le lien passait mieux par 3 gestes lisibles que par un long flow. J’avais cessé de le regarder comme un trouble à écarter, et tout s’est apaisé.

Je l’ai senti physiquement quand il s’est calé contre moi. Ses mains ont cherché mes genoux, puis il est resté là pendant que je respirais. À cet instant, j’ai compris que je n’avais pas besoin d’un silence parfait pour respirer avec lui. Le salon, le jouet qui traînait, sa petite voix, tout ça faisait déjà partie du moment. J’avais voulu isoler la pratique, alors qu’il voulait juste y entrer.

Ce que je ne referais plus jamais pareil

Je n’avais pas vu les signaux les plus simples. J’étais déjà trop fatiguée avant d’ouvrir le tapis. Le coucher partait en faux départ dès que je m’y mettais. Mon enfant suivait mes gestes du regard, puis se crispait dès que je m’éloignais. Quand le tapis roulé est devenu un signal à lui seul, j’aurais dû m’arrêter là.

Avec mon recul, j’aurais sorti le tapis plus tôt, pas après la chambre fermée. J’aurais gardé 2 ou 3 postures, pas un enchaînement entier, et j’aurais accepté qu’il vienne se glisser entre mes bras pendant la posture de l’enfant. J’aurais traité sa présence comme une partie du rituel, pas comme une gêne. Ce que j’ai raté, c’est que la simplicité rassure mieux qu’un décor de séance parfaite.

J’ai perdu 3 semaines à protéger un sas qui ne m’a jamais vraiment reposée. Quand j’ai accepté une pratique plus courte et plus vivante, j’ai retrouvé un peu de souffle, et lui a cessé de voir le tapis comme une frontière. Pour moi, le verdict est clair : oui pour une pratique douce en famille, non pour une séance longue et silencieuse. Si le sommeil se dérègle franchement, je sors de mon cadre de rédactrice et je demande un avis médical. Aujourd’hui, mon Manduka ne reste plus au milieu du salon après 21 h 30.

Clara Broussard

Clara Broussard publie sur le magazine Pomme Maison de Famille des contenus consacrés au yoga, à la parentalité et au bien-être familial. Son approche repose sur la clarté, la progression et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux comprendre des sujets liés à la vie de famille.

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